29/03/2006

Webzine(s) et autres curiosités

Après avoir mentionné l’expo Ferraille deux jours après clôture, et omis la résurrection du festival de Bourg les Valence, nyc.prod peaufine sa stratégie slow culture avec le numéro de février de W’Art.

Mieux connu des spéléologues du net sous le nom d’Artik Zone, le webzine a récemment entamé une mue salutaire. Aspirant « pro » sur le marché ultraconcurrentiel des webzines sans avenir, W’Art, catchline mise à part, respire la passion et la volonté de bien faire. Mieux, le webzine s’offre le luxe de quelques bonnes lectures dont certaines auraient certainement trouvé leur place dans ces pages si je n’étais pas si feignant. Reconnaissons leur donc le courage que je n’ai pas, et la bonne idée de donner la parole à ceux dont la voix ne porte pas toujours aussi loin qu’elle le devrait entre sphères indépendantes, production franco-belge, comics et manga. L’inspiration des aïeuls en « ‘Art » est bien là, jusque dans le logo de couverture (ca ne vous rappelle rien ?), l’esprit critique, la cohérence, et la perspective en moins. Un webzine amateur de bonne qualité, dont la lecture est loin d'être désagréable. Le numéro 5 est disponible ici, et l’équipe nous promet le numéro 6 pour fin mars.

Côté Bulle d'encre, l'approche flirte beaucoup plus avec le fanzine orienté mainstream. Le webzine ne s'en cache pas et affiche la couleur en propulsant L'Auto école (éditions Bamboo) et Tous les défauts des mecs (Vent d'Ouest) en première page de la rubrique chronique. Si j'en crois les historiens du net, Bulle d'Encre et W'Art seraient né du split post-Artik Zone et à la lecture des deux webzine, on perçoit bien ou a pu se siter le noeud de discorde. Toujours gratuit, le dernier numéro du webzine mérite qu'on y jette un oeil, ne serait-ce que pour le focus sur l'Année du Dragon ou la chronique de l'indispensable Strangers in Paradise. Pour le reste, vous jugerez sur pièce, le numéro 7 est disponible ici.

Pour ceux que la lecture sur écran fatigue, je conseille le site de France5 consacré à la bande dessinée, avec une interview de Guy Delcourt réalisée lors du festival d'Angoulême. Il évoque le secteur de la bande dessinée en général, et la difficulté à s'imposer en tant qu'artiste, mais aussi en tant qu'éditeur.

"Etre éditeur ? C'est transmettre ses convictions, sa curiosité, essayer d'accompagner l'auteur au mieux dans sa création et d'être parfaitement conscient en même temps des réalités d'un marché parfois difficile."

Enfin, pour finir cette longue note, une série de strips qui m'ont bien fait marrer extraits des mini comics de David Follett. La suite c'est sur son site dans comics >> Kookabarry.

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Et pendant ce temps là sur nos écrans, on frôle l'overdose médiatique. Villepin s'obstine et les politiques oublient que leur mandat leur vient du peuple. "Il y en a assez que la rue veuille dicter sa loi à la République, nous voulons montrer qu'il y a une légitimité dans ce pays, cette légitimité, c'est la majorité, l'UMP à l'Assemblée nationale" Guy Geoffroy (Seine-et-Marne). Yeurk...

26/03/2006

Ce qui est précieux

medium_cot3.jpgLe Combat Ordinaire (t3)
Manu Larcenet
Editions Dargaud

Meilleur album par ci, meilleur bidule par là, on pouvait craindre que l'ami Larcenet ne se perde dans d'interminables suites, complaintes dégoulinantes ou scénarios alambiqués. Centré sur la mort du père de Marco, ce nouvel album évite les écueils sus-cités et se recentre sur "ce qui est précieux", loin des instantanés à la Philippe Delerm. Débarassé aussi des tics et rouages, l'aisance facile, celle de l'habitude peut-être surexploitée à la relecture du premier tome. L'évocation des personnages et des sentiments se veut plus fine, et l'album trouve graphiquement sa propre voix, (exception faite de ces incompréhensibles boulevards blancs servant de gouttières entre chaque cases et chaque lignes) dans un style plus réaliste et moins "inspiré" comme on a pu parfois lui reprocher. Manu Larcenet trouve à quelques exceptions près, le temps de son histoire, plus profonde, plus juste entre engueulades, éclats de rires et confessions off, mais toujours entre deux eaux, un sentiment d'incomplétude que le quatrième et dernier tome saura je l'espère dissiper.

>>> Disponible sur Amazon

Le presque rien à voir du jour, c'est une petite comptine sur Coconino World. Oubliez les dix petits nègres et plongez-vous dans l'histoire des dix petits anarchistes.

22/03/2006

Don't believe the hype

Si les mots hype, buzz, postmoderne, crypto-cool font partie intégrante du speech bobo que vous débitez à longueur de soirée, il y a fort à parier que vous êtes lecteur de Technikart. Pour son 100ème numéro, le mensuel news, culture et société nous livre son bilan de 10 ans de partouze intellectuelle. Le verdict de l'amicale des anciens combattants de l'avant garde ? "Y'a un truc qui est clair, qui est très clair. Les gens qui ont fait des trucs cools au début des années 90 avaient lu Actuel. Les gens qui ont fait des trucs cools en 95 avaient lu les Inrocks. Les gens qui ont fait des trucs cools dans les années 2000 ont lu Technikart." Détestable pour qui serait allergique à la prose trash branchouille et pourtant essentiel et souvent lucide. C'est aussi, avec Chronic'art, à peu près le seul endroit où l'on peut lire des choses censées sur le jeu vidéo qui ne soient pas le fait d'handicapés sociaux consanguins drogués au leveling. On passe donc sur l'anniversaire auto-apologétique, l'ego surdimensionné et on rempile pour 10 ans.

Pour ce qui est des lectures de mon odyssée shopping de la semaine passée, le bilan est plutôt mitigé. Laissez de côté le dernier Zep et procurez-vous Les Filles électriques et l'Enfer des concerts, de même que pour le Muerto Kid, vous pouvez aussi passer votre tour et reprendre votre bon vieux Welcome to the death club.

... et pendant ce temps là, à Marcinelle, Media Participation et Dupuis continuent à jouer à "je te tiens, tu me tiens par mes actionnaires". La bd réalité comme si vous y étiez.

21/03/2006

Ultimate super ultra heroes !

Prenez Cpt America ou Superman défendant le bien et la justice, la main droite sur le coeur et la main gauche brandissant la bannière étoilée. Imaginez Spiderman en haut du building Chrystler trônant fièrement à deux pas du drapeau américain. Ajoutez à cela, séries parallèles et cross-over, l'inflation galopante des super héros, et accessoirement le mépris des vendeurs de comics pour qui n'aurait pas lu LE supplément hors série de 1992 dont seuls 12 exemplaires sont encore en circulation dans le monde (entre les mains de collectionneurs avides bien entendu) et vous aurez un concentré des à-priori qui m'ont longtemps tenu éloignés de la production mainstream américaine.

Face à l'inflation galopante des adaptations cinématographiques insipides, ma curiosité a toutefois fini par prendre le dessus. Prenant conseil auprès d'amateurs et spécialistes éclairés, je me suis donc fendu de quelques hardcover dont je vous avais donné la liste dans ma précédente note. Bilan de mes lectures ? Une fois n'est pas coutume, j'emprunterai les mots d'un autre, en l'occurence Alan Moore, qui résume assez bien le décalage existant entre les différentes oeuvres et leurs copies. « Hollywood s’intéresse à mes livres. Je ne m’intéresse pas à ses films. » La raison ? « On utilise la BD comme on remplit de figurines les boîtes de corn-flakes. Je pense que cette vague d’adaptations n’augure rien de bon pour la BD. Les gens iront voir les films sans avoir lu la BD. Ils reviendront renforcés dans l’idée qu’il s’agit d’œuvres basiques et stupides uniquement tournées vers l’action. »

Le constat est lucide et résume assez bien le décalage existant notamment entre Spiderman (le film) et ses aventures en collection Ultimate (il faudrait comparer avec la série d'origine). Personnages plus fouillés, scénarios plus riches, la bande dessinée évite les raccourcis faciles et gagne en densité ce qu'elle perd visuellement. Car il faut bien reconnaitre au film d'avoir réussi à donner pleinement corps à l'univers. Les budgets guident les scénaristes, adapter sans travestir, jouer l'ellipse sans trahir, l'adaptation cinématographique n'est pas de tout repos. Dommage que tant de navets décrédibisent de bons livres. Soyez curieux et pensez à aller feuilleter les originaux.

Autre série à découvrir, Ultimates de Mark Millar et Bryan Hitch, histoire d'un groupe hétéroclite de surhommes aux ordres de Nick Fury, responsable du S.H.I.E.L.D. On y retrouve Iron Man et sa cirrhose, Thor en écolo new age, Giant Man et sa femme Janet Van Dyne Pym, Bruce Banner en prétendant éconduit et bien sûr l'inévitable Cpt América, ressuscité des tréfonds de la seconde guerre mondiale. L'équipe constituée, nos super soldats s'offrent un tour de chauffe face à Hulk avant de s'attaquer à une menace extraterrestre. Explosive à tous points de vue, Ultimates est un concentré d'action. On appréciera tout particulièrement le flash back du premier chapitre, le cataclysme nucléaire, ses 20.000 morts et le pugilat qui s'ensuit (mis à part Cpt America qui en rajoute une couche sur l'amitié franco américaine, mais censuré dans l'édition française, don't act). Mais ce que l'on retient de ce premier volume c'est toute l'imperfection de nos Ultimates. Violences conjugales, jet lag chronologique et jalousies maladives, nos supers soldats n'en restent pas moins des hommes au contraires des traditionnelles saintes nitouches en collants. Mettez donc de vos côté vos à priori si comme moi vous aviez quelques réticences et plongez vous dans les Ultimates, vous ne devriez pas le regretter.

Le rien à voir du jour est relayé par AgoraVox. Oscarisable pour son approche convaincante de la thèse du complot ou comment le gouvernement américain aurait monté de toute pièce les attentats du 9/11. 24h chrono comme si vous y étiez. C'est ici en VOST.

13/03/2006

Compulsive shopper

En blogger consciencieux, l'Amateur d'art soumet chaque début de mois le programme quotidien de ses notes à ses lecteurs. Loin de moi l'idée d'égaler une telle performance et... loin de moi aussi l'espoir de disposer d'une audience aussi large que lui, toutefois, l'idée m'a inspirée. J'ai donc décidé de vous faire part des fruits de mes escapades shopping espérant que d'une part, cela vous inspirera quelques conseils avisés occupant les blancs laissés par mes oublis, et d'autre part que cela m'obligera à écrire plus régulièrement dans ces pages.

Au chapitre des nouveautés, vous noterez aussi l'apparition de liens publicitaires via Amazon dont je suis un fervent client et probablement (si ça n'enlaidit ni ne surcharge pas trop la page) Google Adsense (mais là je suis plus réticent). nyc cèderait-il aux sirènes de la nouvelle économie ? Oui, car l'idée avancée par Wilfrid Hoffacker sur son blog m'a elle aussi inspirée. J'aime son côté à la fois naïf et profondément utopiste. J'aime l'idée qu'un lecteur puisse venir ici, découvrir un livre, décider de l'acheter via Amazon et que cet argent cumulé serve à une noble cause. Eût égard à la réserve évoquée plus haut quant à la faible fréquentation de ce blog, cela restera à priori plus du domaine du fantasme que de la réalité. Voilà, vous savez tout !

Mais parlons un peu de bande dessinée. La rencontre d'amateurs forcenés de comics m'amène en ce moment à m'y intéresser de plus près. Je me suis donc rendu chez Toystar avec ma liste de courses. Résultat ? Le premier volume en pocket book de Strangers in Paradise, série star de Terry Moore dont la fin a récemment été annoncée (bien que je ne me rappelle plus où). Côté super héros, j'entame l'univers Ultimate avec l'intégrale (chapitres 1 à 13) d'Ultimates publiée chez Marvel, et le premier volume d'Ultimate Spider-Man toujours chez Marvel, mais en vo cette fois.

Retour enfin à notre chère vieille Europe avec deux titres à mon avis saturés en humour et tout d'abord Zep qui, dans la lignée de l'Enfer des concerts (?) et des Filles électriques (?), sort un nouveau livre aux éditions du Seuil : Découpé en tranches. Côté Requins Marteaux, je me suis jeté sur le Muerto Kid de Felder et Witko, dernier né du délire Ferraille et Death club.
 
Compte rendus de lecture très bientôt ! 

11/03/2006

En bref

. Ex-agitateur culturel, la Fnac nous livre son palmarès des 20 meilleurs albums de l'année 2005. L'exercice est difficile, n'y revenons pas. Remercions les tout de même d'avoir sélectionné Le roi des mouches de Mezzo et Pirus : "dix histoires courtes pour raconter une certaine Amérique d'aujourd'hui". Le roi des mouches, en Amérique ?! A moins que nous ne parlions d'influences, je vois poindre la coquille. En 2006, les sélections seraient-elles faites sans être lues ? Une sélection "certifiée non conforme"...

. Autre éditeur, lui réellement non conforme, Bénédikt Taschen propose une collection proche des "Images au mur" de chez Tana. 14 illustrations, un format large (28,4x36,5) et un prix comme d'habitude hors concurrence puisque vous n'aurez à débourser que la modique somme de... 9€99. Quatre nouveaux titres sont annoncés au programme des Taschen Portfolios : Fernando Botero, Jackson Pollock, Norman Rockwell et Victor Vasarely. L'ensemble des titres de la collection est disponible ici.

. Merci à Amazon et Superbookdeals pour cette magnifique suprise qui m'attendait hier soir dans ma boîte au lettre. Un exemplaire du livre de Frank Warren, Postsecret dont je vous avais déja parlé dans une précédente note. Verdict ? I.n.d.i.s.p.e.n.s.a.b.l.e !

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