26/04/2006
Hand in my pocket
Comment se positionner pour une structure "à part" telle que le Frémok ? Entrer dans la ronde de l'inflation et du tourbillon des nouveautés ? A l'heure où les offices s'empâtent, où les livres fantômes disparaissent plus vite qu'ils ne sont venus, le Frémok est à contre courant. Moins de titre pour plus de visibilité, tel est le nouveau crédo. En multipliant les expositions, conférences et rencontres, le Frémok donne le temps de la parole aux artistes qu'il édite. Le modèle économique est inédit dans le paysage de la bande dessinée actuel où même la mouvance alternative semble parfois prise d'une surpublicationite aigue. De là, nous abordons la question de la bibliodiversité qu'il défend depuis maintenant quelques années via co-errances, coopérative de diffusion. La marge s'enrichie de problématiques nouvelles, où elle puise les raisons de son existence avec toujours cette même exigence éditoriale qui la rend indispensable, et... visible pour peu que l'on sache sortir des sentiers battus.
13:10 Publié dans Bande dessinée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : montreuil, alagbé, salon du livre, turinen, fremok, co-errances
23/04/2006
Mondo fragile
Au fil du temps et à mesure que les mots s'écoulent, notre oeil s'aiguise et démesurément, notre appétit de nouveauté grandi. Ce que cherche le grand lecteur ? De la surprise, du jamais vu, en un mot : de l'audace. Le grand lecteur, c'est un amoureux en quête perpétuelle de sensations nouvelles. Il s'informe, tâtonne, questionne, soupèse, hume la douce odeur de l'encre fraichement imprimée. Lecteur systématique et passionné, il est parfois libraire, ou éditeur. Les grands producteurs de papiers imprimés lui sont étranger et pourtant il en côtoie les plus désastreux rejetons sur les étalages des espaces contre culturels entièrement dédiés à la palette et au bien être du saint chiffre d'affaire. Relisez le célèbre article de Jerôme Lindon, L'édition sans éditeurs, publé dans le monde en 1998 (reproduit ici) ainsi que le non moins célèbre livre éponyme de Schiffrin : un bon livre est un livre qui se vend... vite, trois mois, pas plus, et quoi qu'il arrive, deux semaines après sa parution il sera dors et déja remplacé par un autre.
Naïvement, je suis de ceux qui aiment lire et qui pensent qu'il faut encourager la création, l'originalité : cette fameuse audace que tous recherchent.
Tout cela pour vous faire partager la découverte d'un livre plus surprenant qu'audacieux : MONDOFRAGILE. Le livre est un recueil d'illustrations qui s'articule autour du travail de 24 illustrateurs japonais contemporains. Tous travaillent dans le secteur de la mode et témoignent d'une culture graphique tiraillée entre la tradition japonaise et ses folies kawaï, et l'inspiration européenne. A noter qu'un second volume a paru en fin d'année dernière toujours chez Gingko Press00:25 Publié dans Illustration, animation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mondo fragile, illustration, illustrateurs japonais, japon
20/04/2006
New York, New York
Art Spiegelman, Charles Burns, Anders Nilsen et Seth étaient rassemblés hier soir à SoHo pour le lancement de la toute nouvelle collection Graphic Classics chez Penguin le célèbre éditeur de livre de poche. Outre les dessinateurs sus-cités, la collection accueillera Chris Ware qui illustrera Candide de Voltaire, Chester Brown pour L'Amant de Lady Chaterley, mais aussi Jason, Frank Miller, et bien d'autres.Par ailleurs, Drawn! nous apprend que Chris Ware vient d'achever la vingt-neuvième page de sa bande dessinée réalisée pour les Funny Pages du New York Times. L'intégralité des pages de The Building est disponible en ligne au format pdf. Une bonne lecture pour le week-end.
22:05 Publié dans Bande dessinée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : spiegelman, burns, ware, penguin, new york times
19/04/2006
Ilana Kohn
Diplomée du Pratt Institute, Ilana Kohn est originaire de Washington. Illustratrice freelance, elle vit à Brooklyn et a notamment travaillé pour le New York Times, le LA Weekly, le Stranger, et le Washington City Paper. Mélangeant habilement peinture et collages, elle s'est rapidement créée un univers bien à elle, comme l'illustre son portfolio disponible sur son site web.Plus d'infos ici
23:00 Publié dans Illustration, animation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ilana Kohn, illustration, illustratrice
16/04/2006
Lettre à un jeune écrivain
Auteure de La Guerre, l'Amérique18:25 Publié dans Littérature et autres mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : claire delannoy, albin michel, editrice, guerre, conquête de l'est
Monsieur Vandermeulen s'expose
L'ami Vandermeulen m'informe qu'une exposition de ses originaux se tiendra du 1er au 14 mai à la librairie galerie Le Monte-en-l'air située 6 rue des Panoyaux à Paris dans le vingtième arrondissement (métro Ménilmontant). L'occasion de redécouvrir l'étonnante biographie de Fritz Haber04:20 Publié dans Bande dessinée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fritz haber, vandermeulen, david, monde d'hier, zweig
14/04/2006
The Umezu's vintage horror show
L'Ecole emportée (t1)
Kazuo Umezu
Glénat
Extrait du communiqué de presse de l'éditeur :
L'Ecole emportée, son manga le plus célèbre, narre la disparition brutale d'une école primaire et de tous ses occupants, mystérieusement projetée dans un monde désertique, dépourvu de vie, où le sable dispute à un ciel aux brumes obscures les limites incertaines de l'horizon noir. Complètement dépassés par la situation, les adultes chargés de la protection des enfants vont se révéler incapables d'assurer leur rôle. Certains laisseront libre cours à leur folie naissante, d'autres préfèreront le suicide. C'est dans ce monde que les enfants, désemparés, à court de repères tant familiaux que géographiques, se devront à eux seuls de s'accorder l'espoir d'une survie improbable.
La lecture du premier tome achevée, on ne peut s'empêcher de penser au roman de Golding publié en 1954 : Sa Majesté des Mouches, mais aussi à ces quelques mots de Michaux sur les "animaux fantastiques" :
Avec simplicité les animaux fantastiques sortent des angoisses et des obsessions et sont lancés au-dehors sur les murs des chambres où personne ne les aperçoit que leur créateur. La maladie accouche, infatigablement, d’une création animale inégalable. Dès le premier malaise, ils sortent des tapisseries les plus simples, grimaçant à la moindre courbe, profitant d’une ligne verticale pour s’élancer, grossis de la force immense de la maladie et de l’effort pour en triompher ; animaux qui donnent des inquiétudes, à qui on ne peut s’opposer efficacement, dont on ne peut deviner comment ils vont se mouvoir, qui ont des pattes et des appendices en tous sens. […] Le malade est dans son lit, sous des couvertures plus lourdes que lui-même et sa main pendante, faible comme bandage défait. Quel animal n’en profiterait ? Juste revanche. Des loups viennent mordre le poignet sans détente, et la main qui s’épuise […] Impuissance, puissance des autres.
A la manière des Animaux fantastiques, Kazuo Umezu s'applique à faire renaitre chez les adultes ces "reliquats d'angoisses" que sont les peurs infantiles, mais pour cela, il lui faut un cadre, cette "île" où Golding faisait s'échouer ses personnages et qui serait le théatre de sa critique sociologique. En projetant enfants et professeurs dans un futur incertain, Umezu fait de la disparition de l'école le catalyseur du démantèlement social. Ainsi, dès la fin du premier volume, la loi des adultes s'effrite et ce sont les enfants qui symboliquement enterrent le monde des adultes à travers le corps de leurs professeurs assassinés. N'ayant lu que le premier tome de la série, il m'est difficile de me projeter plus avant dans l'histoire ou d'établir des perspectives toutefois, on peut penser que les enfants ne manqueront pas de se montrer les dignes héritiers de Ralph, Piggy et Jack, les héros du roman de Golding.
En un mot plus qu'en un long discours, L'Ecole emportée est un "classique". Classique pour l'abondance de références datées renvoyant à toute une imagerie traditionnelle qui en font une oeuvre de patrimoine. Les dialogues ,parfois inadaptés à ceux qui les énoncent, les attitudes des personnages en constant "surjeu" et les mises en scènes, notamment le jeu des échelles de plans ou la surutilisation des traînées de vitesse à chacune des pages, donnent à l'ensemble un charme indéniablement suranné. Déconcerté dans un premier temps voir amusé, le lecteur finit par se laisser prendre au jeu tant l'excès et la caricature sont à la source du genre. Impression d'autant plus renforcée que l'horreur est facile dès lors que l'on y implique des enfants : ainsi le père/professeur mutilant son propre enfant pour obtenir l'obéissance de tous ou le concierge affable devenu assassin pour quelques miches de pain...
A la rencontre de Michaux et Golding, Kazuo Umezu sait nous faire oublier les artifices du genre, dissimuler ses propres ficelles et l'on délaisse bien vite l'analyse au profit de l'histoire, la trentaine d'années qui nous sépare de la création pour la logique sociale qu'elle dépeint, mais aussi pour le plaisir du genre et parce que même adulte, on aime parfois continuer à se faire peur.
>>> Disponible sur Amazon
Quelques extraits trouvés sur le net : 1 - 2 - 3 (en VF)
Petit aparté pour vous inviter à vous rendre sur le blog de la Boîte à Images pour y consulter quelques exemples d'affiches réalisées par des graphistes iraniens. Etonnant.
15:10 Publié dans Bande dessinée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : l'ecole emportee, kazuo umezu, glenat, manga, bande dessinee, michaux
03/04/2006
Génération X ?
Demi-course et casquette Motul (t1)
Christophe Gaultier
Dupuis, coll. Expresso
Philiiiiiiiippe GRRRAAPOUILLÖÖÖÖÖT ! Tu es un âne Philippe GrapouilloOoOoOoOot ! Un ÂÂÂNNE !
Annoncé sur son blog, et attendu de longue date, Demi-course et casquette Motul tire sa substance de la folle jeunesse de son auteur. On retrouve avec bonheur l'univers graphique de Kuklos
>>> Disponible sur Amazon
Pour vous ouvrir l'appétit, une interview de Christophe Gaultier sur son album et ses projets à venir, ainsi que les deux premières pages de l'album :
00:40 Publié dans Bande dessinée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : demi course et casquette motule, christophe gaultier, dupuis, expresso








