27/09/2006

MPD Psycho

medium_mpd_psycho.jpgMPD - Psycho, est un manga pour "public averti". La mention ne fait que confirmer ce que le cerveau suspendu en couverture à quelques fils suggérait. L'oeil au centre résume à lui seul la teneur de l'histoire, car il n'est pas simplement posé là, il y est maintenu par quelques fils cousus à même la chair. L'oeil est au coeur du cerveau, au coeur de la folie dont le corps sera la victime récurrente.

Le livre s'ouvre sur un autre oeil visible en filigrane, celui-ci appartenant à un être bien vivant cette fois : Yosuké Kobayashi ou plutôt Kazuhiko Amamiya. Condamné pour meurtre par le tribunal, il est sommé de se lever pour entendre sa sentence, mais refuse de répondre à son nom. "Je ne sais plus très bien... qui je suis" posant ainsi dès les premières planches les bases de sa propre shizophrénie. Mais la réponse à l'évidente question du pourquoi et du comment nous devance de quelques pages.

medium_MPDpsycho.jpgProfiler affecté aux crimes en série, Kobayashi Yosuke enquête sur une série de meurtres. Trois femmes horriblements mutilées ont en effet été retrouvées sans qu'aucune piste n'ait pu être avancée. Médiatisé durant l'enquête, notre détective attire l'attention du tueur qui voit en lui un être de la même espèce que ceux qu'il est censé poursuivre.

"Je me suis renseigné un peu sur toi et qu'est ce que j'ai découvert ? Que Monsieur joue le gentil flic modèle... Alors que t'es un putain de psychopathe comme moi ! Un accro au meurtre ! Ca m'a foutu les nerfs, tu peux pas imaginer ! Alors j'me suis dit que j'allais montrer à tout le monde qui tu étais vraiment !"

medium_mpdp3.jpg Notre psychopathe s'en prend alors à la petite amie de Yosuke, dont la mutilation et les sévices subis seront le déclencheur de multiples dédoublements de personnalités. A sa sortie de prison, Yusuke est engagé dans le secteur privé pour y exercer ses talents de profiler. C'est ainsi que, dès la première enquête, il confirme la réalité du désordre psychologique qui l'habite et dont la justice ne lui avait pas accordé le bénéfice. Mais elle révèle aussi un premier mystère. Chacun des psychopathes arrêtés, lui compris, ont un code barre tatoué dans l'oeil dont il va chercher à comprendre la signification et la relation aux pulsions qui l'habitent...
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Brouillon dans ses premières planches où flashbacks, ellipses et chevauchement de situations s'emmêlent dans un imbroglio dont on peine à dénouer les fils, ce premier tome trouve rapidement son rythme une fois la folie de son héros révélée. Sans jamais réellement accrocher son lecteur, MPD Psycho raccroche les wagons grâce au trait ciselé de Sho U Tajima. Car il faut bien lui reconnaître ce talent à montrer la folie et la débauche de violence de l'amicale des psychopathes qui peuple ce premier volume. Là où l'école emportée suscitait l'horreur par une représentation symbolique de la folie (parent blessant son propre enfant, surjeu des personnages), MPD joue la carte du réalisme brut : corps mutilés, dévorés, dépecés etc.
 
Lecteurs/voyeurs en somme ? Suffisant pour un premier volume, un peu léger sur la durée non ? On vient de me donner les deux volumes suivants, voyons si l'intrigue nourrit ce qui pour l'instant n'est certes pas inintéressant graphiquement, mais parfois un peu pataud/facile à nous titiller la corde sensible.

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