15/08/2006
Edward Hopper
J'ai découvert Hopper de la manière la plus incongrue qui soit. Assis dans le cabinet d'un radiologue, attendant quelques clichés qui tardaient à arriver, j'ai commencé par jeter un regard distrait, autant l'avouer, sur cette reproduction d'Une Chambre à New-York. Il faut dire que le plus souvent, les reproductions de peintures sont aux cabinets de médecins, ce que la musique d'ascenseur est aux grands hôtels : un navrant moment de solitude.
Et puis les minutes passant, plusieurs éléments ont commencé à se mettre en place. Ce qui m'a tout d'abord surpris, c'est l'absence de réel cadrage qui confère à la scène cet étrange sentiment d'instantané, comme pris sur le vif (un motif de la "fenêtre ouverte" que l'on retrouve d'ailleurs dans nombre de ses tableaux). On imaginerait plus volontiers le peintre face à la scène, dans l'appartement ou à défaut prenant dans les contours de la fenêtre le cadre de son tableau. Mais non. Hopper se dissimule dans l'ombre et observe furtivement l'intimité de ce couple de new-yorkais.
Et puis il y'a cette scène de vie, ordinaire, totalement anecdotique. Le couple est au salon. L'homme feuillette son journal, en silence. On imagine assez bien l'ambiance sonore de la scène. Quelques bruits venants de l'extérieur, le vent, les arbres, les voitures de temps à autres. A l'intérieur, peut-être le lointain écho d'un poste de radio, ou mieux, pas un bruit. Simplement le papier froissé des pages du journal dont l'homme tourne les pages à intervalle régulier. Près de lui, il y'a cette jeune femme, mollement accoudée au piano, qui de son seul index, pianote. Quelques notes, sans rythme ni mélodie. Son ennui est palpable. Seule au piano, elle attend.
- Pour ceux que ces quelques lignes auraient intéressé, je vous invite à consulter cette note de M. LeChieur intitulé Le peintre et la petite fille. Une introduction drôle, vivante et ludique de l'oeuvre de Hopper sur le mode "dis papa, tu lis quoi ?".
- Pour se plonger un peu plus avant dans l'oeuvre de Hopper, il y a aussi le livre d'Ivo Kranzfelder chez Taschen : Hopper. Le texte ne m'a pas "transporté", mais constitue une bonne introduction à la vie et l'oeuvre du peintre. Si vous connaissez d'autres titres d'ailleurs, faites-moi signe.
- Je vous conseille aussi la lecture de ces quelques notes de KA, sur l'indispensable blog de la Boîte à Image, consacrées à Hopper. Toujours aussi pédagogique, passionnant et truffé de curiosités. C'est ici, là et là.
- Sinon, Romain vient de finir un roman en rapport avec célèbre tableau de Hopper, Oiseaux de Nuits (Nighthawks, 1942).
- Enfin, direction le grand bazar de l'image : Google Image pour découvrir en vrac quelques-uns des tableaux du maitre.
Quelques images, parmi tant d'autres, pour finir :
Night Shadows - 1921
22:50 Publié dans Illustration, animation | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : hopper, room in new york, chambre a new york





Commentaires
bel hommage :)... prendre le temps de regarder une peinture c'est une chose pas si banale que cela dans notre monde de zapeurs !... ;)
Ecrit par : pixelités | 19/08/2006
Merci :)
Ecrit par : nyc | 19/08/2006
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