28/08/2006

Pop77

medium_204273479_4129aaf3f2.jpgIl faut se rendre à l'évidence, c'est la rentrée... Aux résistants qui comme moi ont préféré prendre un jour de RTT, à ceux que la morosité des estivaliers revenus dans les entrailles du RER déprime, et surtout à ceux qui traversent les couloirs du métro les écouteurs vissés aux oreilles, pop77 est là.
 
Fervent lecteur/auditeur de la Blogothèque, j'avais suivi la conversation/blabla/apero/foutoir de Chryde (le grand manitou) avec Loïc Le Meur, entrepreneur/bloggeur, sur la musique en ligne, et les "mp3 blogs". C'est là que j'ai découvert pop77. Un mix d'une heure, une heure et demi à tomber, deux fois par mois introduit et conclu par un sample de films : Les Berkman se séparent, Broken Flowers parmi les plus récents. Le dernier set en date est plus orienté politique, certainement inspiré de son récent billet d'humeur. Un peu de propagande anti-Bush n'a jamais fait de mal à personne. Pour le reste, c'est à découvrir en ligne et à écouter le matin, le week-end, un peu quand vous voulez finalement.
 
pop77 - p77-054 

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22:30 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pop77, mix

21/08/2006

De qui s'agit-il ?

medium_breton.jpgLa facilité voudrait qu'évoquant Henri Cartier-Bresson, je vous présente sans tarder l'indispensable recueil accompagnant l'exposition que lui consacrait en 2003 la Bibliothèque Nationale de France : "Henri Cartier-Bresson. De qui s'agit-il ?". Mais c'est une autre exposition qui m'intéresse aujourd'hui, celle-ci organisée en début d'année par la Fondation Cartier-Bresson consacrée aux portraits du photographe et intitulée : le silence intérieur d'une victime consentante.
 
Il y'a quelque chose d'unique dans les portraits de Cartier-Bresson. Bien plus que de simples prises de vue arrachées à l'intimité d'un sujet lambda. Je cherche surtout un silence intérieur. Je cherche à traduire la personnalité et non une expression disait-il. Toute la difficulté du dialogue qui s'instaure entre le sujet et le photographe, dilemne que résume très justement Roland Barthes :
 
Devant l'objectif, je suis à la fois celui que je me crois, celui que je voudrais qu'on me croie, celui que le photographe me croit, et celui dont il se sert pour exhiber son art
 
medium_sartre.jpgMais Cartier-Bresson est un portraitiste doué. C'est ainsi que nombre de ses portraits sont devenus des "classiques" attachés à leurs sujets, comme en témoigne la photo ci-contre de Jean-Paul Sartre sur le pont des Arts maintes fois reprise l'an passé dans les cérémonies et expositions ayant entouré le centenaire de sa naissance.
 
A leurs manière, ces portraits sont un véritable morceau de l'histoire du vingtième siècle. S'y croisent artistes (Giacometti, Matisse), écrivains (Breton, Aragon), figures politiques (Robert Kennedy), révolutionnaires (le Che, Martin Luther King Jr), ou icônes (Marylin Monroe, Coco Channel) etc. Rien d'exhaustif bien sûr, mais une certaine vision du siècle et des figures emblématiques qui en auront été, à un instant et à leur mesure, les moteurs. 
 
medium_joliot_curie.3.jpgCe que j'aime dans ces portraits est un mélange de tout cela. L'homme, l'Histoire et son histoire, en un seul cliché autrement que par le prisme de son oeuvre/action qui tend le plus souvent à cannibaliser tout le reste. Certains portraits plus lisses, plus posés, brouillent les pistes. Les plus réussis sont ceux où l'incertitude et l'inattendu s'emparent du sujet et révèlent tout autre chose.
 
Ainsi je cherche dans chaque photo un bout d'histoire, un personnage ou une époque avec pour seul indice un portrait. 
 
Tout un voyage...

En aparté :

- Une nouvelle fois, je me tourne vers l'Amateur d'Art, auteur d'une note, je m'en aperçois après coup, beaucoup plus juste sur le sujet. J'aime tout particulièrement sa présentation du portrait des Joliot-Curie qui est probablement un des clichés que je préfère et qui résume deux éléments clés du travail de photographe : cette idée du malaise qui rend certains clichés si fort, et la capacité à saisir l'instant, "la fulgurance de l'instant" comme il l'écrit et résumé en une citation : J'ai sonné, la porte s'est ouverte, j'ai vu ça, j'ai tiré, j'ai dit bonjour après, ce n'était pas très poli.

- Je vous conseille bien entendu l'achat du livre publié chez Thames & Hudson en début d'année intitulé :  Le silence intérieur d'une victime consentante : Portraits photographiques par Henri Cartier-Bresson (disponible sur Amazon). Un bel ouvrage, bien imprimé qui, fait notable dans l'industrie du livre de photo, offre des reproductions de qualité grâce à de très beaux noirs.

- Pour les plus pressés, le Washington Post propose une galerie en ligne, intitulée Tête à tête, regroupant les portraits du photographe.

19/08/2006

YouTube

medium_logo_youtube.jpgJe me suis inscrit sur YouTube hier soir. Pour les non-initiés, YouTube, c'est une sorte de foutoir vidéo totalement bordélique ouvert à tous, où vidéos amateurs côtoient images d'archives, spots publicitaires, et enregistrements pirates. On y trouve tout. Des premiers sketchs de Jim Carrey, à la victoire de Muhammad Ali contre Georges Foreman en 1974 en passant par les vidéos de vacances d'un obscur clampin d'Arizona ou les exploits du petit dernier de la famille Dupont. Bien sûr, la qualité de l'image n'est pas au rendez-vous, streaming oblige, mais il n'en reste pas moins que la curiosité vaut le détour pour le côté brut et le foutoir anarchique que forme l'ensemble.
 
Ici, je découvre le clip original d'un morceau que je ne connaissais pas (très joli d'ailleurs) : First Day of my Life de Bright Eyes.
 
  
Et en quelques clics, une reprise, dans un garage sur caméra numérique. Pour les grateux qui voudraient tenter leur chance, la tab est ici. Les reprises comme celle-ci ne manquent pas, chacun y va de son couplet, du pire, au meilleur.
 

 

C'est riche, bordélique, indispensable et inutile à la fois, et le mieux c'est qu'on ne sait jamais vraiment ce qu'on vient y chercher, mais qu'on finit toujours par trouver quelquechose. Oui au média libre, mais attention tout de même à la surconsommation et la surmédiatisation du tout et du n'importe quoi, l'indigestion du moimoimoi guette.

15/08/2006

Edward Hopper

medium_selfportrait800px.jpgEn un an et demi d'existence et soixante-treize notes, je n'ai pas une seule fois trouvé le moyen de parler de mon peintre préféré : Edward Hopper. Un impair aujourd'hui réparé à la faveur de quelques notes lui étant consacré ici et là, mais j'y reviendrai par la suite.
 
J'ai découvert Hopper de la manière la plus incongrue qui soit. Assis dans le cabinet d'un radiologue, attendant quelques clichés qui tardaient à arriver, j'ai commencé par jeter un regard distrait, autant l'avouer, sur cette reproduction d'Une Chambre à New-York. Il faut dire que le plus souvent, les reproductions de peintures sont aux cabinets de médecins, ce que la musique d'ascenseur est aux grands hôtels : un navrant moment de solitude.

medium_hopper9.jpg Et puis les minutes passant, plusieurs éléments ont commencé à se mettre en place. Ce qui m'a tout d'abord surpris, c'est l'absence de réel cadrage qui confère à la scène cet étrange sentiment d'instantané, comme pris sur le vif (un motif de la "fenêtre ouverte" que l'on retrouve d'ailleurs dans nombre de ses tableaux). On imaginerait plus volontiers le peintre face à la scène, dans l'appartement ou à défaut prenant dans les contours de la fenêtre le cadre de son tableau. Mais non. Hopper se dissimule dans l'ombre et observe furtivement l'intimité de ce couple de new-yorkais.
 
Et puis il y'a cette scène de vie, ordinaire, totalement anecdotique. Le couple est au salon. L'homme feuillette son journal, en silence. On imagine assez bien l'ambiance sonore de la scène. Quelques bruits venants de l'extérieur, le vent, les arbres, les voitures de temps à autres. A l'intérieur, peut-être le lointain écho d'un poste de radio, ou mieux, pas un bruit. Simplement le papier froissé des pages du journal dont l'homme tourne les pages à intervalle régulier. Près de lui, il y'a cette jeune femme, mollement accoudée au piano, qui de son seul index, pianote. Quelques notes, sans rythme ni mélodie. Son ennui est palpable. Seule au piano, elle attend.
 
medium_Edward_Hopper_-_morning_sun.jpgComme le souligne Ivo Kranzfelder dans son livre consacré au peintre : le procédé pictural de Hopper, ainsi fut-il défini un jour, consiste à "mythifier le banal" : il est vrai qu'au dessus de la banalité des scènes de ses tableaux plane une poésie mystérieuse, presque surréelle. Toute la force de ce tableau vient de sa représentation presque parfaite de l'ennui profond et de la solitude de la grande ville, renforcée par ce sentiment d'instantané. Cette chambre comme une autre, ce couple ou un autre, et comme toujours Hopper est en retrait, en décalage. Le spectateur n'est plus un simple observateur, mais un témoin. Pas un voyeur. Il me semble que ce n'est pas son propos, trop de retenue. Juste le témoin plus ou moins consentant d'une solitude parmi tant d'autres.
 
- Pour ceux que ces quelques lignes auraient intéressé, je vous invite à consulter cette note de M. LeChieur intitulé Le peintre et la petite fille. Une introduction drôle, vivante et ludique de l'oeuvre de Hopper sur le mode "dis papa, tu lis quoi ?".
 
- Pour se plonger un peu plus avant dans l'oeuvre de Hopper, il y a aussi le livre d'Ivo Kranzfelder chez Taschen : Hopper. Le texte ne m'a pas "transporté", mais constitue une bonne introduction à la vie et l'oeuvre du peintre. Si vous connaissez d'autres titres d'ailleurs, faites-moi signe.
 
- Je vous conseille aussi la lecture de ces quelques notes de KA, sur l'indispensable blog de la Boîte à Image, consacrées à Hopper. Toujours aussi pédagogique, passionnant et truffé de curiosités. C'est ici, et .
 
- Sinon, Romain vient de finir un roman en rapport avec célèbre tableau de Hopper, Oiseaux de Nuits (Nighthawks, 1942).
 
- Enfin, direction le grand bazar de l'image : Google Image pour découvrir en vrac quelques-uns des tableaux du maitre.
 
Quelques images, parmi tant d'autres, pour finir :
 
medium_CT.1988_37_lg.jpg
Night Shadows - 1921 
 
medium_hopper.hotel-room.jpg
 Hotel Room - 1931
 
medium_Hopper_Edward_Cape_Cod_Morning_big.jpg
Cap Cod Morning - 1950 
  
medium_hopper.rooms-sea.jpg
Rooms by the Sea - 1951

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