04/07/2006
Yiddishland
Période estivale oblige, une trop évidente langueur s'empare du bloggueur moyen dont on sait qu'en plus de son incapacité chronique à poster régulièrement, il profitera de toutes les excuses pour poster de moins en moins ou tout du moins en faire le moins possible. De ce côté de la blogosphère et aussi étonnant que cela puisse paraître aux tous premiers fidèles de ce blog, la période estivale est l'occasion d'une recrudescence de nouveaux billets dont il me faut bien confesser que tous ne sont pas de prime nouveauté...
Je m'explique... Considérant l'équation sus-citée selon laquelle le bloggeur serait moins actif en été, j'ai décidé, de ne pas complètement céder à l'appel du soleil, et de piocher dans ma réserves de "notes inachevées". Un dénominatif derrière lequel se dissimule un fatras de notes dont j'ai entrepris l'écriture sans jamais, pour x raisons, pousser jusqu'à la publication.
Pour aujourd'hui, je vous invite à un parcours autour de la littérature Yiddish, réalisé, avec ma très humble collaboration, par mon ex-collègue de la Fnac Noisy le Grand, Elisabeth, responsable du rayon littérature étrangère.
Pour ceux que la lecture sur écran fatigue, je vous invite à télécharger la version pdf du leaflet réalisé pour l'opération.
Yiddishland
Pour comprendre la genèse et l’histoire de la langue Yiddish
- Mots d’un peuple, peuple de mots
Miriam Weinstein
éditions Autrement
- Le Yiddish, histoire d’une langue errante
Jean Baumgarten
éditions Albin Michel
- Brasier de mots, Rachel Ertel, éd. Liana Levi
Les trois précurseurs
- Les voyages de Benjamin III, éditions Circé
Ecrivain espiègle à l’imagination débridée, ce conteur merveilleux a pratiqué l’humour juif comme personne. Considéré comme un écrivain majeur de la littérature mondiale, il lutte pour la paix par le rire.
- Le traîne savate
éditions Liana Levi
- Menahem-Mendi le rêveur, éditions Rivages
- Métamorphose d’une mélodie et autres contes et récits
éditions Albin Michel
- Le Roi des Schnorrers
Israël Zangwill
éditions Autrement
L’entre-deux guerres
Dans les années 1930, on compte 11 millions d’ashkénazes dans le monde et le yiddish est leur langue politique et culturelle même si l’assimilation linguistique est en marche. Les Etats-Unis et Israël devinrent des pôles de la culture yiddish. En Europe, le nazisme et le communisme menèrent une lutte implacable contre la créativité du yiddish.
Lamed Shapiro émigra en 1906 aux Etats-Unis où il mena une vie d’errance, sacrifiant sa carrière littératire. Shalom Asch, quant à lui, vécut dans la plupart des capitales occidentales. Il nous laisse une cinquantaine d’ouvrages traitant des multiples périodes de l’histoire juive et s’intéressant à toutes les classes sociales.
Isaac Bashevis Singer éditions Denoël
Oser Warszawski
éditions Liana Levi
- Et ils partirent dans la guerre
David Vogel
éditions Denoël
Schalom Asch
éditions Mémoire du livre
- Une maisonnette au bord du vestibule
éditions Albin Michel
- Anthologie de la poésie yiddish
éditions Gallimard
- New Yorkaises
Lamed Shapiro
Après guerre
- Le petit monde de la rue Krochmalna
éditions Gallimard, coll. Folio
- Le certificat
éditions Gallimard, coll. Folio
- La corne du Bélier
éditions Stock
- Ennemie une histoire d’amour
éditions Stock
d’Agata Tuszynska :
Les contemporains
Meïr Shalev
éditions Hachette, coll. le Livre de Poche
Meir Shalev fait partie des auteurs pour qui la quête des origines est importante. Il relate avec lyrisme et humour, les péripéties de pionniers russes installés en galilée au début du XXème siècle. Une saga foisonnante débordant d'émotions.
- Notre yiddish
Michéa Jacobi
éditions Climats
Léo Rosten
coll. le Livre de Poche
- Contes sages du ghetto
Ben Zimet
éditions du Seuil
- Quoi de neuf sur la guerre
Robert Bober
éditions Gallimard, coll. Folio
- W ou le souvenir d’enfance
Georges Perec
éditions Gallimard, coll. Folio
Bonne lecture :)
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23/06/2006
L'Age d'Homme
Michel Leiris, incipit de L'Age d'Homme (1939).
03:05 Publié dans Littérature et autres mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : michel leiris, leiris, l'age d'homme
05/06/2006
L'édition sans éditeurs
Cet article a paru dans les pages du journal Le Monde en 1998. Il a notamment inspiré l'ouvrage éponyme d'André Schiffrin.Les oeuvres littéraires les plus novatrices ne sauraient évidemment répondre aux critères de valeur en vigueur au moment où elles voient le jour. Aussi, rares sont les premiers lecteurs qui se sentent en affinité avec elles. Dans l'édition, l'opinion des membres du comité de lecture appelés à formuler un jugement sur le manuscrit sera, au mieux : « C'est très bien, mais ça ne se vendra pas. »
Un éditeur passionné, qui engage ses propres finances, pourra malgré tout opter pour la publication, mais ses collaborateurs hésiteront à hypothéquer leur situation future par un conseil qui entraînerait un échec commercial : plus il existera de paliers intermédiaires entre ces premiers lecteurs et le décideur et moins la maison prendra de risques. Il reste assurément une chance lorsque le patron est un héritier fidèle au souvenir du fondateur, mais cette chance s'évanouit quand, à la suite d'une restructuration financière, le nouveau dirigeant est surtout motivé par la recherche - bien légitime - du profit et d'une bonne image en Bourse.
Pour les auteurs hors norme qui seront malgré tout publiés après avoir forcé ces barrages, la mise en place automatique en librairie des exemplaires de leur livre (ce que les professionnels nomment l'« office ») repose sur un pacte de confiance - le libraire accepte de payer d'avance et de présenter au public un ouvrage dont l'éditeur lui assure qu'il en vaut la peine, tandis que l'éditeur s'engage à reprendre et à rembourser les volumes que le libraire n'aura pas vendus. L'office est le seul moyen d'introduire régulièrement dans le circuit commercial classique des livres qui n'y ont en principe pas leur place.
Il y a cinquante ans, le réseau de la librairie était constitué par de multiples entreprises indépendantes et de taille qu'on dirait aujourd'hui moyenne. Elles disposaient pratiquement du monopole du commerce des livres, en l'absence de toute concurrence sérieuse :
- les grandes surfaces (on parlait alors de grands magasins) ne présentaient pas de rayons de librairie dignes de ce nom ;
- les clubs de livres étaient alors embryonnaires ;
- les bibliothèques publiques n'offraient qu'un assortiment médiocre ;
- les établissements d'enseignement ne pratiquaient pas la photocopie ;
- sans télévision ni clubs de vacances, les Français, notamment les provinciaux, avaient tout loisir de consacrer de longues heures à la lecture.
Comme, d'un autre côté, le prix des livres n'était pas déprécié après le premier tirage par des rééditions en collection de poche et que la production des éditeurs restait modérée, les libraires pouvaient se permettre de faire de leur boutique un lieu convivial de rencontre et de conversation. Dans ce climat paisible, ils acceptaient volontiers tous les exemplaires que les éditeurs leur adressaient en office et conservaient parfois les invendus pendant des années.
Depuis lors, la situation a radicalement changé. Les éditeurs, qui jusqu'alors contrôlaient sans peine le marché, ont vu surgir au cours de ce demi-siècle de nouveaux partenaires qui se sont révélés à l'usage de moins en moins accommodants :
-les grandes surfaces proposent presque toutes aujourd'hui des livres en libre-service. La Fnac, à elle seule, avec ses cinquante succursales, atteint un chiffre d'affaires « livre » de plus de 2 milliards de francs, supérieur à celui de n'importe quel éditeur indépendant ;
- le plus important des clubs de livres, France Loisirs, riche de ses quatre millions d'adhérents, réalise un chiffre d'affaires du même ordre que la Fnac en vendant des ouvrages dont la valeur commerciale a été testée par une première carrière en librairie ;
- les bibliothèques municipales, si leurs acquisitions annuelles ne représentent qu'à peine 2 % des livres (hors scolaires) achetés aux éditeurs, ont prêté, en 1996, 145 millions de volumes, libres de tous droits d'auteur, chiffre à comparer aux 261 millions d'exemplaires, hors scolaires, vendus dans l'ensemble des canaux du livre.
En dehors du circuit commercial,
- les photocopieuses reproduisent annuellement plusieurs centaines de millions de feuillets relevant de la propriété littéraire sans que soient, là non plus, acquittés les droits d'auteur correspondants ;
- la télévision, la panoplie de l'audiovisuel et les autres formes de loisirs accaparent désormais une part importante du temps et du budget des ménages ;
- les nouvelles générations de jeunes acheteurs acquièrent essentiellement des ouvrages édités, et surtout réédités, dans des collections à bas prix dont l'économie, à l'instar de celle des clubs, est fondée sur l'exploitation rationnelle des valeurs acquises en amont.
Pour pallier la baisse des ventes des nouveautés, les éditeurs ont considérablement accru le nombre de titres qu'ils publient ; il a augmenté de 25 % au cours des deux dernières années. Les libraires indépendants, dont les charges s'en trouvent alourdies (davantage de produits avec moins de marge sur chacun d'eux) sans que leur surface de vente puisse s'étendre, supportent de plus en plus mal le poids des offices et retournent de plus en plus rapidement à l'éditeur leurs invendus. Plus le nombre de nouveautés s'accroît, plus se réduit la durée de vie de chacune d'elles.
D'une façon générale, avec un chiffre d'affaires global qui régresse malgré l'augmentation constante de la production, les résultats se détériorent, avec les conséquences suivantes :
- les librairies, qui n'ont résisté depuis 1981 à la concurrence des chaînes à produits multiples qu'en raison de la loi Lang sur le prix unique, renoncent le plus souvent à conserver en magasin les ouvrages de fond dont la rotation est faible et pressent toujours davantage les éditeurs de réduire leurs offices, au risque de rendre un jour cette pratique obsolète ;
- les éditeurs sont de moins en moins en mesure de poursuivre leur investissement sur tel ou tel auteur qui, à l'instar de bien des grands noms du passé, accuse des résultats toujours déficitaires après la parution de trois, quatre, dix livres successifs ;
- la presse écrite, qui consacre encore une large place aux nouveautés, risque de devoir bientôt partager le produit du budget de publicité des éditeurs avec la télévision, ce qui entraînera probablement une réduction du nombre de ses pages consacrées au livre ;
- enfin, le public maintient sa pression en faveur des collections à bas prix et de la lecture gratuite. Tous ces facteurs accentuent la concentration dans l'édition, la distribution et la librairie au profit des groupes financiers les plus puissants. La plupart des maisons d'édition encore indépendantes, en particulier les entreprises familiales, frappées à chaque changement de génération par de lourds droits de succession, verront au cours des prochaines années la majorité de leur capital changer de mains.
Déjà, deux groupes financiers, Hachette et Vivendi, qui dépendent l'un et l'autre d'une direction étrangère au domaine du livre, représentent ensemble beaucoup plus de la moitié du chiffre de l'édition française. Quant aux petits éditeurs proches de l'artisanat, les plus performants d'entre eux resteront nécessairement sous la coupe des maisons de distribution qui appartiendront à legs gigantesques confrères.
A terme, une telle transformation du paysage de l'édition tend inévitablement à priver de toute chance d'être lues, et par conséquent d'être publiées, les nouveautés d'exception qui ne répondent pas aux critères de valeur en vigueur au moment où elles voient le jour.
Mais qui remarque l'absence d'un auteur inconnu ?
Jérôme Lindon, PDG des Editions de Minuit depuis 1948, est décédé le 9 avril 2001. Il était notamment à l'origine de la loi sur le prix unique du livre.
16:55 Publié dans Littérature et autres mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jerome lindon, lindon, editions de minuit, minuit, livre, edition, l'édition sans editeurs
16/04/2006
Lettre à un jeune écrivain
Auteure de La Guerre, l'Amérique18:25 Publié dans Littérature et autres mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : claire delannoy, albin michel, editrice, guerre, conquête de l'est
15/07/2005
Le discours du grand sommeil - Jean Cocteau
12:25 Publié dans Littérature et autres mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cocteau, discours du grand sommeil
22/05/2005
De moment en moment
Le carnet d'Hypnos fut enfoui en juillet 1944, lors de mon départ pour Alger, dans le mur intérieur d'une maison à demi démolie de Céreste. Je le retrouvai à mon retour , et en détruisis, pour des raisons personnelles, la plupart des pages. Un feuillet fut conservé comme témoin.
L'ouvrage parut en 1946 dans la collection Espoir, dirigée chez Gallimard par Albert Camus. A notre amitié est attaché le poème "De moment en moment", choisi par Camus alors que, parcourant le Vaucluse tous deux, il me demanda d'ouvrir avec ce poème La Postérité du soleil, livre illustré de photographies de Henriette Grindat, mais qui ne devait paraître qu'après la mort de Camus.
Pourquoi ce chemin plutôt que cet autre ? Où mène-t'il pour nous solliciter si fort ? Quels arbres et quels amis sont vivants derrière l'horizon de ces pierres dans le lointain miracle de la chaleur ? Nous sommes venus jusqu'ici car là où nous étions ce n'était plus possible. On nous tourmentait et on allait nous asservir. Le monde, de nos jours, est hostile aux Transparents. Une fois de plus, il a fallu partir... Et ce chemin, qui ressemblait à un long squelette, nous a conduits à un pays qui n'avait que son souffle pour escalader l'avenir. Comment montrer, sans les trahir, les choses simples dessinées entre le crépuscule et le ciel ? Par la vertu de la vie obstinée, dans la boucle du Temps artiste, entre la mort et la beauté.
René Char, 1949.
17:05 Publié dans Littérature et autres mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rené char, de moment en moment
20/05/2005
Proust pour un retour
- Le principal trait de mon caractère.
Le besoin d'être aimé et, pour préciser, le besoin d'être caressé et gâté bien plus que le besoin d'être admiré.
- La qualité que je désire chez un homme.
Des charmes féminins.
- La qualité que je désire chez une femme.
Des vertus d'homme et la franchise dans la camaraderie.
- Ce que j'apprécie le plus chez mes amis.
D'être tendre pour moi, si leur personne est assez exquise pour donner un grand prix à leur tendresse.
- Mon principal défaut.
Ne pas savoir, ne pas pouvoir "vouloir".
- Mon occupation préférée.
Aimer.
- Mon rêve de bonheur.
J'ai peur qu'il ne soit pas assez élevé, je n'ose pas le dire, j'ai peur de le détruire en le disant.
- Quel serait mon plus grand malheur.
Ne pas avoir connu ma mère ni ma grand-mère.
- Ce que je voudrais être.
Moi, comme les gens que j'admire me voudraient.
Le pays où je désirerais vivre.
Celui où certaines choses que je voudrais se réaliseraient comme par un enchantement et où les tendresses seraient toujours partagées.
- La couleur que je préfère.
La beauté n'est pas dans les couleurs, mais dans leur harmonie.
- La fleur que j'aime.
La sienne- et après, toutes.
- L'oiseau que je préfère.
L'hirondelle.
- Mes auteurs favoris en prose.
Aujourd'hui Anatole France et Pierre Loti.
- Mes poètes préférés.
Baudelaire et Alfred de Vigny.
- Mes héros dans la fiction.
Hamlet.
- Mes héroïnes favorites dans la fiction.
Bérénice.
- Mes compositeurs préférés.
Beethoven, Wagner, Schumann.
- Mes peintres favoris.
Léonard de Vinci, Rembrandt.
- Mes héros dans la vie réelle.
M. Darlu, M. Boutroux.
- Mes héroïnes dans l'histoire.
Cléopâtre.
- Mes noms favoris.
Je n'en ai qu'un à la fois.
- Ce que je déteste par-dessus tout.
Ce qu'il y a de mal en moi.
- Caractères historiques que je méprise le plus.
Je ne suis pas assez instruit.
- Le fait militaire que j'admire le plus.
Mon volontariat !
- La réforme que j'estime le plus.
- Le don de la nature que je voudrais avoir.
La volonté, et des séductions.
- Comment j'aimerais mourir.
Meilleur - et aimé.
- État présent de mon esprit.
L'ennui d'avoir pensé à moi pour répondre à toutes ces questions.
- Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence.
Celles que je comprends.
- Ma devise.
J'aurais trop peur qu'elle ne me porte malheur.
Voilà, le temps de me "désimpregner" des réponses du maitre, et hop, je me lance. Bon ce sera pas le même standing, mais j'aspire pas au prix Goncourt, ni à laisser derrière moi une oeuvre de plusieurs milliers de pages, donc vous serez indulgents, hein, promis ?
01:00 Publié dans Littérature et autres mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : proust, questionnaire
19/02/2005
Sensation
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien,
Mais l'amour infini me montera dans l'âme ;
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, heureux- comme avec une femme.
Arthur Rimbaud
19:55 Publié dans Littérature et autres mots | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rimbaud, sensation, par les soirs bleus d'été




