21/08/2006

De qui s'agit-il ?

medium_breton.jpgLa facilité voudrait qu'évoquant Henri Cartier-Bresson, je vous présente sans tarder l'indispensable recueil accompagnant l'exposition que lui consacrait en 2003 la Bibliothèque Nationale de France : "Henri Cartier-Bresson. De qui s'agit-il ?". Mais c'est une autre exposition qui m'intéresse aujourd'hui, celle-ci organisée en début d'année par la Fondation Cartier-Bresson consacrée aux portraits du photographe et intitulée : le silence intérieur d'une victime consentante.
 
Il y'a quelque chose d'unique dans les portraits de Cartier-Bresson. Bien plus que de simples prises de vue arrachées à l'intimité d'un sujet lambda. Je cherche surtout un silence intérieur. Je cherche à traduire la personnalité et non une expression disait-il. Toute la difficulté du dialogue qui s'instaure entre le sujet et le photographe, dilemne que résume très justement Roland Barthes :
 
Devant l'objectif, je suis à la fois celui que je me crois, celui que je voudrais qu'on me croie, celui que le photographe me croit, et celui dont il se sert pour exhiber son art
 
medium_sartre.jpgMais Cartier-Bresson est un portraitiste doué. C'est ainsi que nombre de ses portraits sont devenus des "classiques" attachés à leurs sujets, comme en témoigne la photo ci-contre de Jean-Paul Sartre sur le pont des Arts maintes fois reprise l'an passé dans les cérémonies et expositions ayant entouré le centenaire de sa naissance.
 
A leurs manière, ces portraits sont un véritable morceau de l'histoire du vingtième siècle. S'y croisent artistes (Giacometti, Matisse), écrivains (Breton, Aragon), figures politiques (Robert Kennedy), révolutionnaires (le Che, Martin Luther King Jr), ou icônes (Marylin Monroe, Coco Channel) etc. Rien d'exhaustif bien sûr, mais une certaine vision du siècle et des figures emblématiques qui en auront été, à un instant et à leur mesure, les moteurs. 
 
medium_joliot_curie.3.jpgCe que j'aime dans ces portraits est un mélange de tout cela. L'homme, l'Histoire et son histoire, en un seul cliché autrement que par le prisme de son oeuvre/action qui tend le plus souvent à cannibaliser tout le reste. Certains portraits plus lisses, plus posés, brouillent les pistes. Les plus réussis sont ceux où l'incertitude et l'inattendu s'emparent du sujet et révèlent tout autre chose.
 
Ainsi je cherche dans chaque photo un bout d'histoire, un personnage ou une époque avec pour seul indice un portrait. 
 
Tout un voyage...

En aparté :

- Une nouvelle fois, je me tourne vers l'Amateur d'Art, auteur d'une note, je m'en aperçois après coup, beaucoup plus juste sur le sujet. J'aime tout particulièrement sa présentation du portrait des Joliot-Curie qui est probablement un des clichés que je préfère et qui résume deux éléments clés du travail de photographe : cette idée du malaise qui rend certains clichés si fort, et la capacité à saisir l'instant, "la fulgurance de l'instant" comme il l'écrit et résumé en une citation : J'ai sonné, la porte s'est ouverte, j'ai vu ça, j'ai tiré, j'ai dit bonjour après, ce n'était pas très poli.

- Je vous conseille bien entendu l'achat du livre publié chez Thames & Hudson en début d'année intitulé :  Le silence intérieur d'une victime consentante : Portraits photographiques par Henri Cartier-Bresson (disponible sur Amazon). Un bel ouvrage, bien imprimé qui, fait notable dans l'industrie du livre de photo, offre des reproductions de qualité grâce à de très beaux noirs.

- Pour les plus pressés, le Washington Post propose une galerie en ligne, intitulée Tête à tête, regroupant les portraits du photographe.

21/07/2006

It's a small world

medium_3217510.jpgPris dans l'infiniment grand caractéristique du modèle urbain japonais, et plus généralement du modèle "humain", the bitter*girls nous ramène au rang de l'infiniment petit, là où la plus haute tour n'excède pas la taille d'un gobelet, le temple celle d'une boîte d'allumette, et le pékin moyen tout juste la taille d'un lego...

Par quel miracle me demanderez-vous ? Il s'agit en réalité d'une illusion d'optique obtenue à l'aide d'un objectif bien particulier principalement utilisé en architecture, qui écrase les perspectives et les distances, créant ainsi cet effet "miniature" que l'on retrouve ici et . Gulliver au pays de la Lilliput, the bitter*girls nous remet l'espace d'un instant au coeur de l'infiniment grand. 

medium_3827872.2.jpgAu delà de la curiosité photographique, j'apprécie tout particulièrement le travail plus conventionnel du photographe lorsqu'elle délaisse les vertiges anecdotiques de l'aérien pour la richesse des moments volés. Avec cette même philosophie poétique du détail soutenue par une esthétique très épurée, mais jamais distanciée de son sujet, elle parvient à évoquer l'inutile et l'invisible. Tout ce que celui qui marche trop vite ne prendra jamais le temps de regarder.

  Pas de cadrages extravagants donc ou de compositions révolutionnaires, mais une alchimie toute particulière où l'esthétique ne trahit jamais la poésie et la chaleur de l'instant grâce à l'attention toute particulière portée à la lumière et au jeu des couleurs. Des photos qui réchauffent le coeur et apaisent l'esprit à l'heure où tout va parfois un tout petit peu trop vite.

medium_2082486.2.jpg Parmi mes clichés favoris, il y'a la suite réalisée sur Bali dont est extraite la photo ci-contre, mais aussi celle-ci et celle-. Au fil des mises à jour, on navigue ainsi entre monuments historiques, motifs architecturaux et  jeux de lumière comme ici ou . Certaines images en appellent d'autres, comme ces fleurs qui, couleur mise à part, évoquent l'esthétisant Flower by Kenzo dont on peut encore visualiser le film publicitaire (cliquer sur français>Flower by Kenzo>En images sur la droite>Film). Mention spéciale enfin pour la peluche la plus kawai de la semaine.

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22/06/2006

Joe's nyc

medium_chinatown-smoker.2.jpgJoseph O. Holmes fait partie des quelques photographes dont je suis quotidiennement le travail via leur photoblog. Ecrivain et photographe en freelance, Joe poste chaque jour avec une régularité que nombre de bloggeurs, à commencer par moi, envie, une nouvelle photo, prise le plus souvent dans les rues de New-York selon l'endroit où ses pas le porte. Comme Paul Auster dont l'oeuvre est toute entière inspirée par cette ville, Joe est un amoureux de New-York. Il confesse d'ailleurs que son blog n'existerait probablement pas s'il vivait dans un tout autre endroit. Né à Muncy en Pennsylvanie, il emmenage à Brooklyn en 1984 où il vit encore aujourd'hui avec sa femme et ses deux enfants. Armé d'un Nikon D70 à 6 mégapixels, il arpente les rues,  photographie ruelles, monuments, passants, et scènes de vie, sans redites.

New York is an astonishingly rich subject for any photographer, on every level - its architecture, people, deeper structure. It's a thrill to successfully capture a slice of the city, not just what the city looks like, but how it feels. It's hard to imagine that I'd have a photoblog if I were living in a rural area. New York City fascinates me, every single day, whether I'm shooting or not. I hope some of my fascination comes through in my shots.

medium_fire-escapes.2.jpg
 Tribeca
medium_bowery-piecemeal.2.jpg
 Bowery
 
medium_spitzers.jpg
Ludlow Street 
 
medium_cornice-faces.jpg
Chinatown
 
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